Une caméra chez soi est un excellent moyen de dissuasion — mais mal orientée, elle peut vous coûter très cher. Voici ce que la loi autorise réellement pour un particulier en 2026, selon la CNIL et le Code pénal.
Ce que vous pouvez filmer… et ce qui est interdit
| Zone filmée | Autorisé ? |
|---|---|
| Intérieur de votre logement | ✅ Oui, sans déclaration |
| Votre jardin, cour, terrain privé | ✅ Oui (sphère strictement privée) |
| La voie publique (rue, trottoir) | ❌ Interdit pour un particulier |
| La propriété ou le jardin du voisin | ❌ Interdit (atteinte à la vie privée) |
| Entrée d'immeuble / parties communes | ⚠️ Décision de la copropriété |
La sanction est lourde
Filmer la voie publique ou l'espace d'un voisin constitue une atteinte à la vie privée (article 226-1 du Code pénal) : jusqu'à 1 an de prison et 45 000 € d'amende. Ce n'est pas théorique : des particuliers ont été condamnés.
Vos obligations, même chez vous
- Informer toute personne susceptible d'être filmée et qui n'est pas un simple visiteur de passage : garde d'enfants, aide à domicile, artisan, livreur.
- Afficher un panneau « propriété sous vidéosurveillance » visible à l'entrée.
- Ne pas conserver les images plus d'un mois, sauf incident justifiant une plainte.
- Sécuriser l'accès aux images : changez le mot de passe par défaut, mettez le firmware à jour (une caméra piratée est un risque, pas une protection).
Filmer utile sans déraper
Cadrez vos seuls accès (porte, garage, baie) en restant chez vous. Si une partie de la rue ou du terrain voisin apparaît, utilisez la fonction « zone de confidentialité » (masquage) de la caméra. Deux angles bien choisis valent mieux que six mal orientés.
La référence
En cas de doute, la CNIL fait autorité sur la vidéosurveillance chez soi : elle détaille les règles d'information, de conservation et de proportionnalité.